Le rêve devenu réalité de Javier Aquino

SAN NICOLÁS DE LOS GARZA (MEXIQUE), Mardi 24 mai 2016.- C’est à San Francisco Ixhuatán, dans l’état de Oaxaca, que Javier Ignacio Aquino Carmona est né un jour de 1990. C’est aussi là-bas qu’il a fait ses premiers pas, toujours à portée d’un ballon rond. Les habitants du village situé au sud-ouest du Mexique étaient habitués à hériter des métiers et du mode de vie de leurs parents, mais Javier avait une toute autre idée en tête.

Il était en effet déterminé à mordre à belles dents dans un monde qu’il voyait d’un autre œil que ses amis. Rêvant de quitter le bourg et de devenir le premier footballeur professionnel mexicain à y avoir vu le jour, il répondait en accumulant les compliments la balle au pied à ses amis qui lui rappelaient que quiconque était né à San Francisco Ixhuatán était destiné à y passer sa vie entière.

« Quand je vivais au village, tout le monde disait que je jouais bien et que j’étais doué, mais, bien entendu, beaucoup d’autres n’y croyaient pas, parce que bien des personnes qui y étaient nées avaient du talent, mais pensaient avant tout à rester là-bas, à travailler là-bas, à avoir une famille là-bas, tout un cycle de vie. Mais moi, je devais briser cette image que je voyais tout autour de moi et partir… quitter ma famille », rappelle le joueur des Tigres.

Il rend hommage à l’être suprême qui lui a donné les dons pour le football qui sont les siens, mais aussi à son père, qui a toujours fait de son mieux pour lui inculquer l’amour pour ce sport, en participant à la formation de toutes les équipes de jeunes nécessaires pour que Javier et son frère se préparent du mieux possible pour le futur.

D’ailleurs, l’ailier n’oublie jamais ses racines, qui resurgissent dans chacune de ses réponses. Il remercie ses parents pour tout le soutien que ceux-ci lui ont apporté, mais garde aussi un souvenir ému de ses amis et de tous ceux qui l’ont entouré et lui ont permis de devenir ce qu’il est aujourd’hui :

« Le retour au village est toujours une chose merveilleuse, l’accueil des gens. Je suis le seul joueur né là-bas qui soit parvenu en Première Division et ils me reçoivent toujours les bras ouverts, surtout les enfants. Je suis très heureux de leur servir d’exemple, de modèle à suivre, parce que, quand j’étais petit et que je vivais là-bas, j’avais la même admiration et la volonté de ressembler à mes idoles. Aujourd’hui que j’ai l’occasion d’être quelqu’un de significatif pour ce village, je suis heureux de passer du temps là-bas et de me souvenir un peu de mon enfance », explique Javier.

L’Universitaire est né au cours d’une année marquée par de nombreux changements sociaux au retentissement mondial : c’est, entre autres, en 1990 que le leader sud-africain Nelson Mandela a recouvré la liberté, après avoir passé 27 ans derrière les barreaux ; que le régime militaire d’Augusto Pinochet a pris fin au Chili ; que l’invasion du Koweït par l’Irak a déclenché la première guerre du Golfe Persique ; mais aussi que les deux Allemagnes ont finalement été réunifiées.

« Je suis surpris de l’apprendre, quelle chance d’être né une année comme celle-ci. On ne choisit jamais, mais peut-être Dieu m’a-t-il mis là pour que je fasse preuve de force de caractère et de la capacité de résoudre les impondérables qui se présentent à moi », exprime le joueur, arborant un sourire plein de fierté.

Javier a fait ses débuts en Première Division le 23 juillet 2010, dans les rangs de l’équipe Cruz Azul de Mexico, un souvenir qui compte parmi les plus forts de son existence. Ce jour-là, en effet, il a compris que les rêves pouvaient se réaliser et que laisser derrière lui son village natal avait valu la peine pour démontrer à tous que l’on pouvait aspirer à faire partie de l’élite du football national mexicain.

Aujourd’hui, après six années d’expérience pour le compte de Cruz Azul et des clubs espagnols Villarreal et Rayo Vallecano, Aquino sent qu’il est devenu au sein des Tigres un joueur bien plus mûr, plus complet et armé de l’expérience nécessaire pour mettre ses progrès au service de l’équipe de Monterrey :

« Les choses ont changé : quand j’étais au Cruz Azul, je venais de fêter mes 20 ans ; aujourd’hui, ces cinq ans d’expérience se reflètent sur le terrain : tu te calmes, tu sais qu’il ne sert à rien de prendre le mors aux dents, que tu dois faire preuve de plus d’intelligence, freiner un peu, te rendre compte de tes coéquipiers mieux démarqués », explique le joueur à propos de son évolution.

Finalement, il admet qu’il avait toujours cru que sa position naturelle sur le terrain était celle d’ailier droit, car c’est là qu’il avait débuté et évolué tout au long de sa carrière. Mais depuis que Ricardo Ferretti, l’entraîneur des félins, a décidé de l’employer en tant qu’ailier gauche, où il a fait preuve d’un excellent rendement, il avoue ne plus être si sûr de connaître son secteur de jeu préféré :

« Depuis que j’avais commencé à jouer à droite, j’avais toujours pensé que c’était le meilleur poste pour moi ; j’aimais beaucoup évoluer sur l’aile droite, centrer, c’était une position à laquelle je me sentais à l’aise. Mais, maintenant que je joue ici, « Tuca » [Ferretti] m’a envoyé à gauche, et je m’y suis habitué, tant et si bien que je ne sais plus de quel côté je préfère jouer », conclut le joueur de Oaxaca.

Javier Aquino en chiffres

MDMJPRMPEPDPTDPMTBRFC
171.41064719576.8%181,9 km11,6 km25420

Légende : MD.- Matches Disputés ; MJ.- Minutes Jouées ; PR.- Passes Réussies ; MP.- Mauvaises Passes ; EP.- Efficacité des Passes ; DPT.- Distance Parcourue dans le Tournoi ; DPMT.- Distance Parcourue par Match du Tournoi ; BR.- Ballons Récupérés et FC.- Fautes Commises