Un doublé de Gignac offre aux Tigres leur cinquième finale

SAN NICOLÁS DE LOS GARZA (MEXIQUE), Mardi 5 avril 2016.- Comment ne pas crier son bonheur, comment ne pas se sentir Tigre quand l’équipe de Monterrey, malgré une infériorité numérique, triomphe par deux buts d’André-Pierre Gignac et valide son billet pour la Ligue des Champions de la Concacaf, qui lui vaudra au passage de disputer sa cinquième finale en 24 mois… Mardi soir, sur leur terrain, les Tigres ont sorti les griffes.

L’équipe universitaire a toutefois eu besoin de plus de 82 minutes de jeu, de se remettre de l’expulsion de Jesús Dueñas et d’améliorer son positionnement sur la pelouse pour démontrer de quoi elle est faite et prouver que le champion actuel de la Liga MX est un solide aspirant à un nouveau titre.

À la finale de la Ligue de la Concacaf obtenue mardi s’ajoutent en deux années deux finales de Ligue, une de Coupe du Mexique et une de Coupe Libertadores, preuve que l’équipe de Monterrey est faite pour réussir de grandes choses et marquer son temps.

Dés le coup de sifflet initial de l’arbitre Roberto García, les Tigres prenaient le contrôle du match et mettaient en pratique leur jeu habituel de constants touchers de balle horizontaux à la recherche d’une position offensive dangereuse leur permettant de tenter une frappe.

Javier Aquino était sur le point d’ouvrir la marque dès la 4ème minute sur un centre de Dueñas au second poteau. Le joueur originaire de Oaxaca tentait de frapper de la tête, et son ballon passait tout près du but de Querétaro.

Les occasions félines étaient à mettre à l’initiative de Dueñas et Guido Pizarro, bénéficiant du soutien constant de Jürgen Damm et Aquino en zone latérale pour chercher à perforer le but adverse. De fait, à la 10ème minute de jeu, sur l’une de ces occasions, ils cédaient le ballon à Rafael Sobis, qui tentait une frappe à distance malheureusement déviée.

Querétaro commençait alors à améliorer son organisation sur la pelouse et à mieux contrôler les offensives des Tigres, qui parvenaient moins aisément en zone d’attaque. Le jeu se concentrait sur le milieu du terrain et les actions dangereuses se faisaient rares.

Aucune des deux équipes ne voulant prendre de risque, les joueurs se limitaient à des passes courtes et à stopper les attaques au milieu du terrain. Les Tigres se heurtaient au mur défensif du Querétaro, conscients qu’un résultat nul et vierge était synonyme de prolongations.

Finalement, à la 42ème minute, André-Pierre Gignac décochait une frappe à mi-distance, qui restait anecdotique puisque le Français était signalé hors jeu. Les deux équipes rentraient aux vestiaires sans avoir marqué.

La deuxième mi-temps débutait sans changement, mais, dès la première minute, Gignac tentait de nouveau sa chance par le biais d’un spectaculaire tir en ciseau, sur un centre de Sobis, qui passait au dessus du but adverse.

Les Tigres paraissaient beaucoup plus déterminés que leurs adversaires du soir et, à la 48ème minute, Dueñas profitait de l’occasion la plus claire du match : sur une splendide action d’Aquino, le joueur issu du Centre de Formation des Tigres se retrouvait seul face à la cage adverse, mais son tir mal frappé sortait du terrain.

Le contrôle du match était monopolisé par les Tigres et ce n’est qu’à la 53ème minute que Querétaro, par le biais d’un tir d’Édgar Bénitez qui passait très près du but de Nahuel Guzmán, inquiétait véritablement les félins pour la première fois.

À la 60ème minute, un coup franc frappé par Juninho arrivait sans problème dans les bras du gardien de Querétaro, Tiago Volpi, mais les Tigres continuaient à faire preuve de plus d’initiative, particulièrement par l’entremise    d’Aquino, l’homme le plus dangereux à ce moment sur le terrain.

Sept minutes plus tard, Pizarro s’élançait ballon au pied depuis le milieu de terrain et se défaisait de joueurs adverses à l’entrée de la surface de réparation. Son tir, trop forcé, ne trouvait pas le chemin des filets, mais l’action suffisait pour que le public se lève.

Ricardo Ferretti se décidait à la 69ème minute à procéder à son premier changement, en la personne de Damián Álvarez, qui remplaçait Damm. Aquino prenait alors position du côté droit, tandis que ledit Álvarez occupait le flanc gauche, afin de chercher à ouvrir plus encore le terrain.

Cependant, deux minutes plus tard, Dueñas était expulsé par l’arbitre après avoir reçu son deuxième carton jaune de la soirée pour avoir retenu Benítez par le maillot alors que celui-ci entrait dans la surface. Avec 10 joueurs et 19 minutes restant à jouer, un ajustement technique s’imposait : Sobis reculait vers le milieu de terrain et Gignac demeurait seul en pointe.

Les Tigres ne baissaient pas les bras et, à la 79ème minute, Aquino, qui venait d’entrer dans la surface et se préparait à armer son tir, était fauché par deux adversaires. Mais, malgré les réclamations de penalty des félins, l’arbitre considérait que l’action défensive était légale.

En dépit de leur infériorité numérique, les joueurs de Monterrey continuaient à prendre des risques et cherchaient sans cesse les occasions, grâce à un Aquino très actif et à Pizarro promu organisateur de jeu.

C’est grâce à cette pression, sur une belle action, que les félins parvenaient à ouvrir le score : Israel Jiménez, tenace, récupérait le ballon et adressait une petite passe à Sobis, qui pénétrait seul dans la surface et dont la diagonale arrivait dans les pieds de Gignac, lequel envoyait son tir croisé au fond des filets adverses. Les Tigres menaient 1-0 à la 83ème minute de jeu.

Profitant de l’ascendant territorial et psychologique pris par les félins, Jiménez adressait une longue passe à Gignac qui, après s’être défait de deux rivaux, parvenait jusqu’à la surface et surprenait Volpi pour la deuxième fois en trois minutes, La folie s’emparait du Stade Universitaire.

Avec un tableau d’affichage favorable aux Tigres, Ferretti réalisait ses deux dernières substitutions : Sobis, auteur d’un travail acharné au milieu du terrain, et Aquino, très dangereux tout au long de la rencontre, cédaient leur place à Manuel Viniegra et José Torres.

Le coup de sifflet final offrait aux Tigres leur cinquième finale en 24 mois et mettait plus que jamais à leur portée la possibilité de s’affirmer comme la meilleure formation de la zone et de voyager au Japon pour représenter le Mexique au Mondial des Clubs.

COMPOSITION DES ÉQUIPES

Tigres: Nahuel Guzmán; Israel Jiménez, Hugo Ayala, Juninho et Jorge Torres Nilo; Guido Pizarro, Jesús Dueñas, Jürgen Damm (Damián Álvarez à la 69ème minute) et Javier Aquino (José Torres à la 91ème minute); Rafael Sobis (Manuel Viniegra à la 90ème minute) et André-Pierre Gignac.

Querétaro: Tiago Volpi; George Corral, Juan Forlín, Miguel Martínez et Jonathan Bornstein; Nery Domínguez, Marco Jiménez (Jaime Gómez à la 77ème minute), Yerson Candelo et Sinha (Jordi Cortizo à la 86ème minute); Ángel Sepúlveda (Carlos Fierro à la 85ème minute) et Édgar Benítez

Arbitre: Roberto García